15 janvier 2020 : je suis devenue maman pour toujours

27 juin 2020
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Aussi loin que je me souvienne, devenir maman n’est pas toujours allé de soi. C’était même loin d’être une vocation. J’avais le souhait de fonder une famille, mais étrangement, sans me le figurer clairement, en passant par la case maternité. Et puis  Alix est née par césarienne, bouleversant tout sur son passage.

Une césarienne à accepter

16 janvier.

Quand une césarienne est programmée, l’accouchement prend soudain une dimension étonnante : on sait. On sait précisément quand LE moment va arriver et l’attente si particulière qui caractérise les jours précédant la délivrance se dissipe. Il y a une forme de résignation, entremêlée avec une prise de conscience anticipée.

Accepter cette césarienne a été une rude épreuve pour moi, bien que préparée à cet inévitable événement. A l’annonce de cette option*, presque instantanément, j’avais accepté de mettre de côté mes sentiments pour « subir » ce moment (c’est bien le terme), avant de rencontrer mon enfant. J’avais pensé à autre chose pour ce premier accouchement, mais j’en étais venue à me dire que je ne l’avais pas voulu suffisamment intensément. Trahie par mon corps. Culpabilité. Résignation.

Alors quand le jour-j est arrivé – non le 16 comme prévu, mais le 15 janvier, ainsi que l’avait décidé ma petite fille – j’ai respiré en attendant de recevoir la rachianesthésie. Dans un étrange monologue intérieur, je me suis dit que j’effacerai ce moment de ma mémoire plus tard car il me gênait. Je ferai un black-out pour ne conserver que la rencontre avec mon bébé.

Allongée, les bras en croix, ne sentant plus le bas de mon corps et regardant le plafond et les murs froids du bloc, je me rappelle avoir eu la sensation d’être à un spectacle, le champ installé devant moi prenant des allures de rideaux de scène s’ouvrant et se fermant au gré des actes de la pièce. Une simple spectatrice.

Un rite initiatique chamboulé

C’est parce que le rite initiatique a été chamboulé que le sentiment d’échec s’est installé.

Privée de l’expérience d’un accouchement physiologique, j’ai ressenti une sensation de manque, de vide, comme si je n’avais jamais vécu de naissance et que mon rôle de mère tout entier allait dépendre de ce moment précis. Comme un rendez-vous « raté » avec le plus beau jour de ma vie. Alors que je rencontrais ma fille pour la première fois, j’avais le sentiment de ne pas être « là ». De subir une nouvelle fois un moment non désiré. D’être tombée dans le ravin sans pouvoir remonter.

Longtemps, j’ai nié ce vécu émotionnel, je l’ai enfoui quelque part pour ne jamais me rappeler cette déception. Alors que la raison affirmait que tout allait bien, mon coeur pensait autrement : mon rite de passage avait échoué. Plus encore, j’avais du mal à poser mon regard sur cette marque imposée à mon corps et je ressentais de la difficulté à nouer des liens avec ma petite fille. Mais paradoxalement, entamer une démarche de « deuil » ne s’est pas imposé à moi : faire la paix avec ma césarienne demandait du temps et ce temps n’était pas pour maintenant.

Une rencontre 

Malgré tout, dans ce dédale tourmenté, j’ai fait une rencontre qui m’a bouleversée. Elle a décidé qu’il y avait un « avant » et un « après ». A chaque fois que je pense à ce moment, j’imagine une page qui se tourne pour en écrire une nouvelle. A seulement quelques jours de mes 28 ans, je suis devenue maman pour toujours.

Je vous souhaite de faire la paix quand tout est chamboulé 🤍

Mes reco’ pour se préparer à vivre une césarienne avec plus de sérénité :

  • Le compte Instagram @maman.cesarisee que j’adore et qui propose de regarder la césarienne autrement ;
  • Le site d’information cesarine.org pour mieux appréhender la césarienne pour les mamans qui y sont confrontées.

*Alix était en siège et d’après la radiopelvimétrie de mon bassin, un accouchement par voie basse n’était pas recommandé.

6 Comments

  1. […] Six mois après être devenue maman (c’est passé si vite !), il est vraiment temps pour moi de me retrouver. En effet, la grossesse puis l’accouchement ont laissé des traces physiques (en l’occurrence, j’ai eu une césarienne) et psychologiques que je peux résumer comme un grand chamboulement intérieur (💔 perte de confiance en moi, mal-être, extrême sensibilité, difficulté à assumer le poids des responsabilités, prise de conscience du changement d’identité… Un peu le chaos intérieur en somme qui n). […]

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